La faune wallonne

En Wallonie, la faune cavernicole, si bien étudiée par Leruth (1939), compte 37 troglobies, 229 troglophiles et 310 trogloxènes (Tercafs 1989). Les troglobies terrestres sont peu nombreux: quelques araignées, quelques petits insectes: des collemboles et un coléoptère psélaphide, le Tychobythinus belgicus (Jeannel), endémique de la grotte Lyell à Engis.
Par contre, les troglobies aquatiques, les stygobies, comptent trois fois plus de représentants. Parmi eux, les crustacés constituent sans doute nos paléostygobies les plus typiques, avec 4 espèces d'Ostracodes , 5 espèces de Copépodes, 2 Isopodes et 8 Amphipodes. L'amphipode Niphargus, par exemple, est un des éléments les plus répandus dans notre faune aquatique souterraine. Il est représenté par six espèces dans nos aquifères karstiques et nos eaux phréatiques, dont le "grand" Niphargus virei pouvant dépasser 3 cm de long ! Ces crustacés amphipodes seraient d'origine marine et auraient colonisé les eaux souterraines lors des régressions marines tertiaires en passant soit d'abord par le milieu psammique littoral puis les eaux douces phréatiques, soit directement dans les eaux du karst côtier pour les plus grandes espèces.
Sur le plan biogéographique, et ce n'est pas le moindre de ses intérêts, le karst belge est localisé à la limite septentrionale de l'aire de distribution d'un certain nombre de troglobies. Cette limite correspond assez bien à celle de l'extension maximale vers le sud du glacier scandinave qui s'est approché de notre pays sans l'atteindre, formant barrière à la colonisation vers le nord et détruisant sur son passage la faune préexistante.